Jean-Paul SCHWARTZ

 

première interview (2007) - deuxième interview (2012) - troisième interview (2013)

 

AAAAAII Jean Gabin avait coutume de dire à ses camarades de discussion, lorsque celle-ci prenait fin : "Messieurs il n'est de bonne société qui ne se quitte. Bonsoir". En certaines occasions, cette affirmation n'aurait pu que difficilement trouver son sens, notamment lorsque la discussion se révèle être particulièrement plaisante et qu'elle émane d'un homme aussi gentil qu'humble. Jean Paul Schwartz fait en effet partie de cette catégorie d'hommes.

AAAAAII Ancien technicien de cinéma aujourd'hui retiré des plateaux, il a derrière lui plus de trente ans de carrière avec la particularité de n'avoir jamais connu de temps mort. Alternant entre cinéma, télévision mais aussi publicité il trouva dans chaque thématique de son métier des satisfactions diverses alliées au goût du travail bien fait.

AAAAAII Nous avions déjà rencontré Jean Paul Schwartz lors d'un précèdent entretien sur Paris en 2006. Lors de cette discussion nous n'avions pas pensé à enregistrer ses propos et cela nous donna un goût d'inachevé. Aussi après avoir réalisé une première interview concernant De Funès, nous avons logiquement fixé un nouvel entretien lors de notre dernier passage par la capitale afin de partager avec lui ses souvenirs de carrière.

AAAAAII L'interview proposée donc ci-après ne traite que de sa carrière professionnelle : ses débuts, sa vision du métier, les techniques et matériels employés, ses relations avec les acteurs, la collaboration et le travail avec les divers techniciens, ses difficultés, son évolution de carrière…

AAAAAII On retrouvera bien évidemment des souvenirs sur Louis de Funès mais aussi sur José Giovanni, Lino Ventura, Jean Gabin et tant d'autres. Voici donc, dans les grandes lignes, les propos dont Jean Paul nous a très gentiment fait part. Qu'il soit remercié pour sa disponibilité et son professionnalisme.

 

Jean Girault, Louis de Funès et sa doublure Georges Fabre, Jean-Paul Schwartz et Jean Lefebvre
au cours du tournage du "Gendarme en Balade", en 1970.

 

Interview de Jean Paul Schwartz du 11 février 2012 par Franck et Jérôme

 

- M. Schwartz, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs le métier d'opérateur pour le cinéma ? En quoi consiste-t-il ?

- Il consiste à éclairer la scène et à régler la lumière pour créer un climat. Il faut toujours travailler dans le sens que désire le metteur en scène avec notamment un critère de temps à respecter puisque déjà à l'époque, et encore plus aujourd'hui, il fallait aller vite et bien pour ne pas perdre trop d'argent. Le métier consiste donc à faire le lien entre les caméras, la machinerie et l'éclairage. Beaucoup de personnes gravitent autour de nous. Le choix des paramètres de prises de vues (place de l'appareil, choix de l'objectif, place des comédiens et des éléments du décor, rythmique des mouvements…) relève du metteur en scène et du cadreur. Attention toutefois, à l'époque le métier était tout de même moins stressant et moins rigoureux il faut bien le reconnaître. Entre techniciens tout se passait généralement très bien, nous étions une grande famille. Nous n'avions même plus besoin de nous parler, chacun savait parfaitement ce qu'il devait faire.

 

- La possibilité de disposer d'assistants pour vous épauler dépend du budget du film ?

- Pas uniquement mais le budget en fait partie bien sûr. Il faut aussi prendre en compte la durée du tournage. Il n'y a pas de règles, cela varie d'un film à l'autre en fonction du réalisateur, des acteurs. Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte en réalité. Par exemple les nouvelles techniques numériques qui ont radicalement changé l'approche du métier et qui sont à mon sens assez complexes à aborder. Avant le cadreur était le premier spectateur du film, aujourd'hui ce n'est plus le cas puisque vous avez des écrans de partout. Toute l'équipe est bloquée derrière le moniteur et il y a moins de relationnel entre les gens. Le support m'attire moins.

 

- Intervenez-vous en post-production ?

- Oui on intervient lorsque le montage est terminé afin de régler certaines choses. A mon époque en tous les cas cela se faisait beaucoup.

 

- Etes-vous passé par l'Ecole Louis Lumière ?

- Non je ne suis passé par aucune formation, j'ai appris mon métier sur le tas. J'ai débuté en 1950 dans une petite boîte qui faisait diverses choses notamment des courts métrages, j'y suis resté quelques années. J'ai eu la chance de rencontrer des gens formidables dans mon métier. J'ai eu beaucoup de chance mais j'avais surtout l'envie totale de faire ça. J'ai dû faire 60 films comme cadreur, 200 films publicitaires et au moins 30 comme chef opérateur, téléfilms compris. Les films publicitaires s'abordaient différemment notamment au niveau de la lumière, mais ils étaient plus intéressants que le cinéma d'un point de vue strictement financier. Beaucoup de réalisateurs en ont fait aussi notamment Lautner. Professionnellement, l'une de mes plus belles rencontres reste Françoise Sagan. J'ai travaillé sur son seul film - "Les Fougères Bleues" - où elle fût un modèle de gentillesse, de prévenance et de douceur. Les acteurs sont de toutes façons plus ou moins souples, le caméraman se doit de se plier aux caractères de chaque. Aujourd'hui il y a de plus en plus de demandes pour travailler dans ce milieu professionnel. Regardez d'ailleurs les génériques de films actuels et vous constaterez qu'il y a un nombre impressionnant de stagiaires. Le recrutement de stagiaires a débuté à la fin de ma carrière, nous commencions à en prendre un certain nombre.

 

- Avez-vous toujours un accès direct au scénario d'un film en amont du tournage ?

- Absolument, je lis le scénario et en fonction de ce que j'en perçois, je peux déjà élaborer une première feuille de route. Je choisis l'équipe technique (le nombre de personnes, la désignation des postes dévolus à chacun…), je détermine le matériel dont nous aurons besoin, souvent en fonction de la bonne volonté ou non du réalisateur et du budget dont on dispose. Ce travail en amont n'est pas quantifiable précisément, il dépend véritablement de chaque film. Il n'existe pas un référentiel précis.

 

- Comment se déroulait la chronologie d'une journée de tournage ?

- En règle générale, une journée de travail s'étalait de 12h à 19h30. Cet horaire avait été fixé afin de permettre à certains comédiens de travailler la journée et de pouvoir jouer le soir au théâtre. En arrivant le matin, ils pouvaient aller tranquillement au maquillage et se préparer pour tourner. L'équipe technique arrivait à dix heures. On préparait le matériel, on mettait en place le premier plan et on déjeunait entre 11 h et midi puis nous attaquions le travail à midi. Le nombre de plans variait totalement d'une journée à l'autre, il n'y avait pas de règles. Le soir nous assistions à tous les rushes.

 

- Sur le plan personnel, un technicien est-il un professionnel qui doute ?

- Beaucoup c'est vrai. Dans la mesure où chaque journée est différente, tant au niveau du plan de travail que de sa complexité, vous pouvez vite vous dire "Vais-je être capable de faire ce que l'on me demande ?". On se remet donc souvent en question et il faut de plus connaitre ses limites. C'est ainsi que je ne me suis jamais lancé dans la réalisation car je savais que je n'aurai pas les épaules et l'expérience pour le faire. Je me suis donc acharné à parfaire mon métier d'opérateur dans lequel je prenais beaucoup de plaisir.

 

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Tournage de la série du "Gendarme", dans le Golfe de Saint-Tropez (1970) et à New York (1965)

 

- Au même titre qu'un acteur, un technicien connait-il lui aussi les films alimentaires ?

- Oui bien sûr, on ne pouvait pas refuser car vous aviez les factures à payer à la fin du mois. Parmi tous les films sur lesquels j'ai travaillés je reconnais très honnêtement avoir fait de "vraies merdes" (rires). L'avantage du technicien est que son nom reste en général méconnu du grand public contrairement à un acteur. Il ne faut pas non plus oublier que ces films représentaient plusieurs mois de travail et par conséquent une rentrée d'argent non négligeable.

 

- Avez-vous connu des périodes creuses ?

- Je m'estime comme un technicien chanceux puisque j'ai eu peu de temps morts dans ma carrière. J'ai beaucoup travaillé et il m'est arrivé de faire quatre films à la suite au cours d'une année. Dans ce cas, vous travaillez sans interruption de janvier à décembre.

 

- Vous préférez tourner en extérieur ou en studio ?

- Je garde une préférence pour le studio car il y a une facilité qui n'est pas négligeable pour travailler confortablement. En extérieur tout est plus compliqué, il faut notamment cacher tous les éléments techniques. Aujourd'hui cela s'avère moins compliqué car le matériel est de meilleure qualité, plus facilement transportable et d'un format plus petit.

 

- Aviez-vous des exigences particulières lors du recrutement de votre équipe technique ?

- Dans la mesure du possible on essaie de travailler avec des gens de confiance et avec qui l'on s'entend bien. Je prenais souvent le même chef électricien, les mêmes machinistes si possibles aussi. Parfois c'est un acteur qui demandait son équipe. Sur "Le Tatoué" c'est De Funès qui m'a demandé. Il me souhaitait aussi pour "La Soupe Aux Choux" mais je n'étais pas disponible. Avec Belmondo, il est l'acteur avec lequel j'ai le plus travaillé. J'ai remplacé Claude Renoir, le chef opérateur pour "L'Aile ou La Cuisse", j'ai travaillé sur trois Gendarmes ("à New York", "Se Marie" et "En Balade") ainsi que "Les Grandes Vacances" et j'ai réalisé, à la demande de Marcel Grignon, les pelures pour "Fantômas se déchaîne". Le tout premier film que j'ai fait avec lui s'appelait "Tourments", un film avec Pierre Mondy, Blanchette Brunoy et Tino Rossi, ce devait être en 1953 ou 1954. Puis il y a eu "La traversée de Paris" A cette époque il était encore le De Funès second rôle. Je me souviens plus de Bourvil et de Gabin. Par la suite Louis a changé de statut. Lorsque je l'ai retrouvé sur le plateau du "Gendarme a New York" il avait changé aussi bien professionnellement que physiquement. Il avait très peur que sa carrière retombe, son angoisse était perceptible.

 

- Comment se déroulait le travail avec lui ?

- J'étais en symbiose avec lui, je savais exactement ce qu'il allait faire donc j'anticipais. Son comique n'était pas évident à filmer mais nous nous en sortions parfaitement lorsqu'on le connaissait bien. Il m'est arrivé de rater bien sûr mais quand il tournait il fallait de toute manière y aller à fond. Il donnait toute son énergie à chaque prise. Je me rappelle d'un plan sur un Gendarme qui a duré deux jours et qui était aussi compliqué pour moi que pour lui. Il n'était pas content de ce qu'il faisait et je le revois dire "Je veux le refaire". Il était très concentré… (réfléchissant) un personnage vraiment à part. Il fallait gagner sa confiance mais, contrairement à ce qu'on a pu dire, il n'était pas pénible du tout. Il aimait entendre le rire des techniciens pour le conforter dans l'idée que ce qu'il faisait était drôle et marchait. Une fois que l'on rentrait dans son monde tout devenait facile. De plus, Girault connaissait très bien la mécanique du film, il travaillait de pair, et j'intervenais parfois pour faire des propositions. Girault faisait beaucoup confiance au cadreur. C'est vrai qu'il se laissait beaucoup influencer par Louis mais il y avait peu de frictions entre eux. Il avait d'ailleurs raison de laisser De Funès mener le travail. Il le corrigeait parfois lorsqu'il sortait trop du cadre. Avant une prise, il était très concentré mais cela dépendait des jours. Parfois il était dans son coin, très concentré et parfois il était avec nous. Pareil entre les prises où il pouvait se montrer accessible comme parfois très renfermé. Avec les autres comédiens aussi il discutait beaucoup. Ils parlaient des scènes entre eux. Il y avait un échange mais je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un acteur véritablement proposé un gag.

 

- De Funès connaissait bien la technique ?

- Oui il avait le sens de l'axe de l'objectif, de la grosseur d'un plan, il connaissait bien tout ça. Il était de plus très respectueux des techniciens. Gabin lui aussi était un vrai connaisseur de la technique. Sur "Le Tatoué", je me souviens d'une scène où en plein tournage Sacha Vierny [ndlr : le directeur de la photographie] est rentré dans le champ. Je coupe. A la fin Gabin m'appelle et me dit "T'as coupé parce que quelqu'un est rentré". Il l'avait remarqué, rien ne lui échappait. Il était redoutable et il savait se placer au millimètre. Gabin avait une exigence particulière : qu'on ne lui cache rien et qu'on admette sa faute si on se trompait. Il détestait les gens qui n'assumaient pas. Sur "Le Tatoué" toujours, je me rappelle d'un plan où j'avais fait l'erreur de cadrer trop près Gabin si bien qu'on ne lui voyait pas le haut de la tête. Le soir aux rushes j'étais placé juste derrière lui et au moment de la fameuse scène, je l'ai vu se tortiller sur sa chaise. Je suis allé le voir tout de suite à la fin pour m'excuser de cet incident en lui disant que je m'étais trompé. Il ne m'en a pas tenu rigueur car j'avais été honnête et la scène est dans le film.

 

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Photo d'exploitation et affiche allemandes du film "Le Tatoué" de Denys de La Patellière (1968)

 

- Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le tournage du "Tatoué" ?

- On a beaucoup exagéré concernant le tournage de ce film. Il est vrai qu'une fois la scène en boîte, ils retournaient chacun de leur côté mais il n'y avait pas de mauvaise entente entre eux. Je me rappelle de Louis qui appelait son partenaire "Monsieur Gabin". Il était timide face à lui mais ils ont eu de sacrés moments de fous rires. Gabin en revanche lui disait "tu". Ca ne s'est pas si mal passé en définitive. La mise en scène était compliquée car le scénario et les dialogues étaient écrits au jour le jour. Et je dois reconnaitre qu'à part moi, De Funès était seul, il s'agissait surtout d'une équipe Gabin. Il y avait un souci technique entre De Funès et Gabin puisque le premier voulait absolument que l'on voie ses yeux bleus et cela ne convenait pas à Gabin. Leurs deux visages ne supportaient pas les mêmes éclairages donc il fallait constamment équilibrer pour trouver le bon compromis.

 

- Et concernant "Hibernatus" ?

Oui le tournage n'était pas évident. Je pense que cela venait essentiellement de problèmes de scénario. Les tensions qui ont pu naître ne se révélaient pas sur le plateau, plutôt en off après tournage. Molinaro avait un visage assez fermé et peut être cela a-t-il bloqué de Funès mais cela fait aussi parti d'un travail de plateau. Il y a parfois des clashes. Souvent on me demandait hors plateau si De Funès n'était pas quelqu'un de pénible, mais je dois dire qu'avec moi tout s'est toujours très bien passé. Je me souviens l'avoir rejoint au Havre pour "Le Gendarme à New York". J'étais arrivé avec un peu de retard puisque j'achevais le tournage des "Tribulations d'un chinois en Chine" à Chamonix. J'ai retrouvé De Funès sur le paquebot France et tout fut parfait. Il était très rigolard c'est d'ailleurs pour cela qu'il évitait de tourner avec Mondy ! On ne pouvait plus les arrêter lorsqu'ils étaient ensemble.

 

Louis de Funès dans "Hibernatus" d'Edouard Molinaro (1969)

 

- De Funès était accessible avec son public ?

- Lorsque nous tournions il y avait très peu de monde autour de nous. Sauf à Saint-Tropez mais pour les grandes scènes notamment les scènes finales de défilés, nous tournions au mois de mai afin d'éviter un attroupement trop important de touristes. Il y avait beaucoup moins de monde. Maintenant avec son public je ne saurai pas vous dire. Il est vrai qu'il était plutôt d'un naturel timide mais lorsque vous êtes sur un plateau chacun est à son poste et s'occupe de ce qu'il à faire, vous ne vous souciez pas de ce que fait la vedette entre les prises.

 

- De Funès assistait-t-il à tous les rushes ?

- Oui à tous. Je l'ai vu refuser une fois d'aller aux rushes, c'était pour "L'Aile ou la Cuisse". Sur ce plateau, De Funès a été adorable, tout comme Coluche. Tous les deux ils avaient parfois de grands moments de rire et de complicité. Sur un "Gendarme" je me rappelle qu'une fois Louis n'avait pas été content d'un plan tourné. Si je me souviens bien, il était dans la 2CV avec un autre acteur et il y avait un reflet sur le pare-brise. Je signale ce détail au chef opérateur qui était en charge de la prise et il me répond qu'il a suffisamment d'expérience pour savoir comment travailler. Je laisse faire et le soir aux rushes, De Funès fait la grimace ; on ne voyait strictement rien. Il s'énerve un peu et dit à Girault "Pourquoi Jean Paul ne l'a pas signalé ?" Et Girault de suite m'a défendu en disant que j'avais mentionné ce problème. Il nous est en revanche arrivé de refaire un plan le lendemain car considéré comme mauvais ou pas assez abouti à la suite du visionnage mais c'était très rare.

 

- Parlons un peu de Jean-Paul Belmondo, votre relation a dépassé le simple cadre professionnel ?

- Nous sommes amis de longue date. Avec Belmondo je n'ai que de bons souvenirs sur les nombreux films auxquels nous avons participés. Il était tout à la fois drôle, accessible, généreux. Il n'était pas du tout "vedette". En revanche son style de jeu nécessitait une technique tout à fait différente de celle d'un De Funès notamment parce qu'il souhaitait tourner lui-même ses cascades. J'ai fait "Léon Morin Prêtre", "L'Homme de Rio", "Le Magnifique", "Tendre Voyou", "L'incorrigible", "L'Animal", "A double tour", "Les tribulations d'un chinois en Chine"… Il avait une qualité énorme qui était de pouvoir rigoler juste avant une prise et d'être totalement dans son rôle lorsqu'on lui criait "moteur". Il faisait des choses totalement improbables comme jouer au foot. Cela m'avait surtout marqué lorsque nous tournions "Léon Morin, prêtre". Avec Philippe De Broca aussi tout s'est merveilleusement bien déroulé. Je dois reconnaître que je me suis très bien entendu avec tous les acteurs et réalisateurs que j'ai côtoyé ce qui est une chance. Je n'ai jamais eu de conflits ou d'accrochages en particulier. Je pense être assez conciliant en définitive.

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Affiche de "Léon Morin prêtre" de Jean-Pierre Melville (1961)
et une cascade de Jean-Paul Belmondo dans "L'Homme de Rio" de Philippe de Broca (1964)

 

- Vous avez aussi connu Lino Ventura ?

- Il avait une personnalité complexe, un peu cyclothymique. Parfois il était de bon poil, parfois il ne fallait pas aller le déranger. Lino, il fallait le prendre de manière très subtile mais c'était une personne tout à fait charmante. Dans son cercle proche, j'ai travaillé aussi avec Giovanni ("Une robe noire pour un tueur" et "Le Ruffian") avec qui j'ai entretenu de très bonnes relations.

 

- Avez-vous des regrets ?

- Je ne sais plus qui disait : "Dans la vie il vaut mieux avoir des remords que des regrets". Oui bien sûr j'ai aussi des regrets, qui ne n'en auraient pas ? J'ai raté de très bons films sur lesquels je n'ai pas pu travailler parce que j'avais dit oui ailleurs. J'ai en revanche travaillé avec énormément d'acteurs : De Funès, Ventura, Delon, Rochefort, Noiret… et j'ai filmé Brigitte Bardot ou encore Claudia Cardinale…je suis globalement satisfait de ma carrière. J'apprécie énormément Brigitte Bardot qui en plus d'être parfaitement charmante est une femme très engagée, aussi bien pour la cause féminine qu'animale.

 

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