on en sait plus sur...

Gérard COGAN
(1919-1994)


azerty Aux génériques des "Fantomas" (et pas seulement), Gérard Cogan est souvent crédité aux énigmatiques "effets spéciaux". Derrière cette appellation un peu mystérieuse se cache un artiste audacieux et compétent dont on ne savait finalement pas grand chose jusqu'aux recherches que nous avons récemment entreprises. Voici une modeste biographie de Gérard Cogan, à travers quelques fragments que nous avons pu reconstituer, ainsi que deux vidéos qui vous permettront de découvrir cet homme.

azerty Né Raymond Gérard Baulard à Paris, en janvier 1919, il commence sa carrière comme peintre à Montmartre puis, après la Seconde Guerre mondiale, il se lance dans ce qu'il nomme "la sculpture animée" au cinéma. Mais ses débuts dans ce milieu particulièrement fermé s'avèrent timides... Afin de percer, Cogan travaille d'abord un peu dans les décors, puis il signe la réalisation d'un court-métrage ("Syncope" en 1951) avant de se faire remarquer en fabriquant des masques et des automates, notamment le papillon articulé vu dans "Belles de nuit" (1952).

azerty Son premier tour de force est la réalisation d'un masque de Gina Lollobrigida que porte la doublure de la comédienne dans le film "Trapèze" (1956). Cogan devient alors l'incontournable confectionneur de masques au cinéma. Il se forge une solide réputation en réalisant plusieurs masques pour Jean Marais dans les films d'André Hunebelle, notamment "Le Bossu" et le célèbre masque vert de "Fantomas", dessiné par Jean Marais lui-même.

 

Jean Marais portant le masque vert et des accessoires postiches confectionnés par Gérard Cogan

 

azerty Au début des années 1990, dans une interview accordée à André Halimi, Jean Marais se souvenait de son rôle : "Je me donnais un mal pour qu'on ne me reconnaisse pas ! Fantômas porte son masque vert mais lorsqu'il n'avait pas ce masque, il prenait le visage d'autres personnes et il fallait me maquiller pour que je ressemble parfaitement à ces personnes si bien qu'au final on me demandait le nom de celui qui jouait Fantômas !" Le masque sera par la suite retravaillé et confectionné par Gérard Cogan, spécialiste des effets spéciaux au cinéma.

azerty La légende raconte qu'il ne fallait pas moins de deux heures à Jean Marais pour se grimer en Fantomas ! Pourtant, le principal intéressé reconnaissait que, lorsqu'il s'agissait de porter ce masque vert, la préparation était "archi facile", contrairement au fastidieux maquillage qui lui était nécessaire pour interpréter Fantomas sous d'autres traits (Lord Chelton ou le professeur Lefebvre par exemple). L'assistant réalisateur Jean-Pierre Desagnat nous précise : "Jean portait ce masque de caoutchouc vert qui lui était très difficile à porter car il le fatiguait et, en dessous, il transpirait beaucoup." Et d'ajouter : " Pour le tournage de la scène où Fantomas s'enfuit en sous-marin, je me suis fait gentiment engueuler par Marais. Nous l'avons laissé plusieurs heures sur cette carcasse de sous-marin, avec ce masque, en plein soleil, et naturellement il n'était pas content." A propos du port de ce masque, Mylène Demongeot se rappelle aussi d'une colère terrible de Marais, survenue sur le tournage en extérieurs à Rome, par une chaleur étouffante où ce masque vert lui provoquait des réactions cutanées. Parallèlement, Gérard Cogan est aussi responsable des autres transformations que doit subir Jean Marais lorsqu'il joue Fantomas. Il doit aussi placer un faux nez et décoller les oreilles de Louis de Funès lorsque ce dernier interprête le célèbre bandit réalisant un hold-up dans un casino [ci-dessous].

 

Louis de Funès maquillé par Blanche Picot et Gérard Cogan sur le tournage de "Fantomas" en 1964

 

azerty Par conséquent, avec "Le Bossu" et les "Fantomas", les années 1960 s'inscrivent comme le point d'orgue de sa carrière au cinéma, pourtant très courte car, les techniques virtuelles évoluant, son travail soigné devient plus dispensable dans les années 1970. Cogan termine sa carrière sur "Barbarella" en 1968 avant de se consacrer à nouveau à la peinture. Il est décédé en mars 1994, en Charente, à l'âge de 75 ans.

 

Un extrait d'un reportage de la RTBF en 1968

 

Un reportage sur sa carrière d'artiste

 

Haut de page / Retour vers les interviews et biographies / Retour au sommaire principal