Clément HUREL

(Nancy - 14 mars 1927 / Paris - 12 février 2008)

 

 

Des affiches de films connus toutes signées Clément Hurel...

(collection Autour de Louis de Funès, sauf "Le Bal des vampires"- collection famille Hurel)

 

 
 

 

Clément Hurel (qui signait Hurel ou Clem-Hurel) était un affichiste français très connu dans le milieu cinématographique. Il n'est pas démesuré d'affirmer que, dans son domaine, il fut une véritable référence. En effet, il travailla régulièrement avec les firmes Gaumont, RKO, Hammer Film Productions et bien entendu la Société Nouvelle de Cinématographie (SNC) de Gérard Beytout. Au cours de sa carrière, principalement orientée vers le cinéma et la publicité, il a réalisé plus de 1000 affiches dont certaines devenues légendaires ("A bout de souffle", "Il était une fois en Amérique", "Le Bal des Vampires"). Clément Hurel réalisa également 13 affiches de films dans lesquels Louis De Funès apparaît quelques instants ou tient absolument la vedette. La liste complète de ces films se trouve ci-après, allant de "La Vie d'un honnête homme" de Sacha Guitry en 1952 aux "Aventures de Rabbi Jacob" de Gérard Oury en 1973, en passant par la mythique série du " Gendarme ". Mais il est aussi le réalisateur d'autres grands films populaires comme "Les Tontons flingueurs" de Georges Lautner ou "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de La Patellière. Clément Hurel nous a quittés le 11 février 2008, alors qu'il s'apprêtait à fêter ses 81 printemps. Un grand bravo à lui pour sa formidable et très impressionnante carrière. Il nous laisse un ensemble d'affiches gigantesque, dont toutes sont très appréciées et recherchées des cinéphiles.

 

L'un des grands classiques du cinéma français, dont Clément Hurel réalisa l'affiche... (collection Autour de Louis de Funès)

 

 

Films avec Louis de Funès dont les affiches sont signées Clément Hurel :

- "La Vie d'un honnête homme" de Sacha Guitry, (1952)

- "Les hommes ne pensent qu'à ça" de Yves Robert, (1953)

- "Mon frangin du Sénégal" de Guy Lacourt, (1953)

- "La traversée de Paris" de Claude Autant-Lara, (1956)

- "Pouic-Pouic" de Jean Girault, (1963)

- "Le Gendarme de Saint Tropez" de Jean Girault, (1964)

- "Le Gendarme à New York" de Jean Girault, (1965)

- "Le Gendarme se Marie" de Jean Girault, (1968)

- "Le Gendarme en Ballade" de Jean Girault (1970)

- "Jo" de Jean Girault, (1971)

- "Les Aventures de Rabbi Jacob" de Gérard Oury, (1973)

- "Le Gendarme et les Extra-terrestres" de Jean Girault, (1978)

- "Le Gendarme et les gendarmettes" de Jean Girault, (1982)

 

Affiche du film de Gérard Oury "Les Aventures de Rabbi Jacob", signée Clément Hurel (collection Autour de Louis de Funès)

 

 

Interview de M. Clément Hurel du 8 juin 2007 par Franck et Jérôme

 

- Monsieur Hurel, vous êtes un affichiste cinématographique très connu, comment avez vous percé dans le cinéma ?

- Tout s'est déroulé par hasard et très rapidement. Je suivais l'Ecole des Beaux Arts à Paris, mais j'avais un cousin qui distribuait des films en province (profession qui a disparu aujourd'hui). Il me donna un jour quelques adresses de personnes du monde du cinéma, dans l'espoir que je puisse gagner un peu d'argent en effectuant quelques tâches pour eux. Ces personnes m'ont donné du travail et j'ai ainsi fait mes premières affiches. Cependant, je me suis rapidement retrouvé débordé sous les demandes d'affiches. J'avais énormément de travail et j'ai dû abandonner les études aux Beaux Arts, bien que ce soit ma vocation. Mais comprenez que je n'ai jamais perdu la moindre passion pour les beaux Arts...

 

- Pouvez vous nous parler des conditions du métier d'affichiste lorsque vous avez débuté ?

- Affichiste était à cette époque un métier très difficile car peu reconnu et mal payé. Vous savez, certaines personnes employées à faire des affiches travaillaient presque comme des esclaves. C'est à dire que bon nombre de jeunes dessinateurs oeuvraient chacun dans leur coin pour réaliser l'affiche d'un film. Mais seul le meilleur travail était gardé, et son auteur le seul rémunéré dans l'histoire. Tant pis pour les autres !

 

- Vous avez réalisé 13 affiches de films dans lesquels joue Louis De Funès. Pouvez-vous nous évoquer vos souvenirs concernant ce grand comédien ?

- Ce que j'aurai à vous dire sera - hélas - très bref. Je n'ai jamais vraiment été en relation avec lui, et cela pour une raison toute simple. Les acteurs n'avaient pas tellement leur mot à dire en ce qui concerne la réalisation des affiches. Cette publicité était le souci du producteur. Mais je travaillais pour la SNC que tenait Gérard Beytout. Et ce dernier produisit en 1964 "Le Gendarme de Saint-Tropez". C'est ainsi que je fis les affiches de la série des Gendarmes.

 

- Vous n'avez donc pas rencontré Louis de Funès vers 1952-1953, lorsqu'il tourna dans "La Vie d'un honnête homme" ou "Mon frangin du Sénégal" ?

- Je me souviens avoir fait l'affiche de "Mon frangin du Sénégal", mais je ne me rappelle pas le rôle de Louis de Funès dedans. Les principaux acteurs de ce film étaient Raymond Buissières et Annette Poivre qui étaient des personnes gentilles et charmantes. Notez qu'il est tout à fait possible que Louis De Funès apparaisse dans ces films, il enchaînait alors les petits rôles, à l'époque où il jouait avec les Branquignols.

 

- Vous avez aussi fait les affiches d'autres films de Jean Girault où Louis De Funès a la vedette, comme "Pouic-Pouic" en 1963 ou "Jo" en 1971...

- J'ai fait "Pouic-Pouic", vous êtes sûr ? Je ne m'en souviens pas. C'est à dire que j'ai fait plus de 1000 affiches de films et que je ne peux pas me souvenir de toutes, vous comprenez... En revanche, il est exact que j'ai fait celle de "Jo". Si je ne connaissais pas personnellement Louis de Funès, je connaissais en revanche très bien Jean Girault. Il était très bien comme homme et me faisait tout à fait confiance pour les affiches. Outre les De Funès, il y eut avec lui "Les Gorilles", "Les Charlots font l'Espagne", "L'Année Sainte"...

 

- Vous avez des souvenirs concernant l'affiche du film "Les Aventures de Rabbi Jacob" ?

- Non pas spécialement, encore une fois je ne me souviens plus très bien. Gérard Oury s'en foutait, ce sont les producteurs qui ont fait appel à moi pour l'affiche.

 

- Comment travailliez vous pour faire les affiches des films avec Louis de Funès ?

- Il faut bien dire qu'il n'y a pas de recette-miracle. Au fur et à mesure que la popularité de Louis De Funès grandissait, il n'acceptait plus d'être caricaturé. Je travaillais par conséquent à partir de photos. Et bien entendu, si vous mettiez une grande photo de lui au milieu de l'affiche, il était très content et satisfait. Je ne faisais pas spécialement que les affiches françaises de ses films. Elles étaient parfois très différentes selon les pays, et parfois même selon les régions françaises ! Ce qui représente une erreur monumentale en ce qui concerne la publicité. Les spectateurs s'y perdent. J'ai fait tout de même pas mal d'affiches de films pour l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne. Même pour l'union Soviétique !

 

- Vous êtes également le réalisateurs de grands films comme "Les Tontons flingueurs", "Un taxi pour Tobrouk" ou dans un autre style "Il était une fois en Amérique" et "Le Bal des Vampires"...

- Oui mais ce n'est pas parce que le film est bon que l'affiche est bonne. Et inversement, je pense avoir réalisé de bonnes affiches pour des films moyens voire mauvais. Enfin, j'ai aussi beaucoup travaillé pour des films où jouait Jean Gabin.

 

"A Bout de Souffle", autre grand classique du cinéma français signé Jean-Luc Godard, dont Clément Hurel réalisa l'affiche (collection famille Hurel)

 

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