Daniel CAUCHY

 

 

 

aazertytDaniel Cauchy est un acteur habitué aux seconds rôles. Il apparait notamment dans "Touchez pas au grisbi" (1954), "J'irai cracher sur vos tombes" (1959), "D'où viens-tu, Johnny ?" (1963) ou encore "Le Gang des otages" (1972). Il se spécialisa par la suite vers la réalisation de films publicitaires. Mais Daniel Cauchy a également été producteur, ce qui lui permit de rencontrer Louis de Funès à plusieurs reprises. En 1964, avec "Le Gendarme de Saint-Tropez", il est engagé comme acteur pour surveiller la troupe de jeunes. Il participa à la production des films de Gérard Oury "Le Corniaud" et "La Grande vadrouille". Il croisait régulièrement notre idole sur les plateaux de tournages, et ne manquait jamais de discuter un moment avec lui. Sa dernière apparition cinématographique date de 2000 avec "Les Acteurs" de Bertrand Blier. Il est le père du comédien Didier Cauchy, qui interprète le lieutenant Scandella dans la série "La Crim'".

 

Flyer destiné à la presse, 1964 (collection F&J)

 

 

Interview M. Daniel Cauchy du 20 octobre 2007 par Franck et Jérôme

 

 

- M. Cauchy, à quand remonte votre première rencontre avec Louis de Funès ?

- Je ne le connaissais pas beaucoup avant "Le gendarme de Saint Tropez", je n'avais jamais fait de films avec lui. Je l'ai connu lorsqu'il interprétait énormément de petits rôles. Par la suite nous nous somme revus puisqu'il a tourné avec Edouard Molinaro qui est un très bon ami. Pendant le tournage, il était toujours en compagnie de sa femme, très renfermé, je me souviens de quelqu'un qui parlait à peu de gens. Il ne déjeunait pas non plus avec nous, ne dormait pas dans le même hôtel et en fin de compte on le voyait donc assez peu.

 

- Comment se passe votre première scène ensemble ?

- Très bien. Vous savez à l'époque, j'étais plus connu que lui. Il n'était pas encore superstar, il venait juste de triompher dans "Pouic-Pouic" un film de Jean Girault. Sur le plateau il était très gentil, discret, car il n'était pas une vedette. En fait à cette époque personne ne se serait douté qu'il serait vedette un jour. C'était un excellent acteur, qui faisait toujours de bonnes choses dans ses petits rôles et c'est le succès de "Pouic-Pouic" qui a relativement bien marché qui lui a permis d'accéder au rôle du gendarme. A cette époque il était à peine connu.

 

- Pouvez nous parler de l'ambiance plateau, notamment dans votre bande avec Patrice Laffont et Jean Pierre Bertrand ?

- C'était très sympa, il y avait beaucoup de jolies filles, c'était très agréable ! J'étais un peu plus ancien qu'eux car j'avais déjà 37 ans et j'avais été engagé un peu pour surveiller tous ces petits jeunes (rires) ! A la base, je produisais des films avec Gerard Beytout, producteur de la série des Gendarmes et c'est pour ça qu'il m'a demandé de les surveiller.

 

- Louis faisait-il déjà beaucoup d'improvisations ?

- Oui, à cette époque il était déjà très minutieux dans son travail. Il proposait certaines choses et comme Jean Girault était un excellent réalisateur, tout se passait bien entre eux. Au départ le film - une idée de Richard Balducci - devait coûter 100 millions anciens. Il dépassa finalement de 2 millions. Les producteurs s'en arrachaient les cheveux !

 

- Louis était-il à l'aise avec tous les jeunes acteurs ?

- Oui, tout se passait bien car il en avait l'habitude. Il avait eu tellement de petits rôles auparavant, il était parfaitement rôdé.

 

- Pouvez vous nous décrire Louis de Funès avant une scène ? Il était tendu, décontracté ?

- Ni l'un ni l'autre il était parfaitement normal. Je me marrais souvent avant les prises, et si cela ne lui avait pas plu il me l'aurait dit, je pense. Il faisait toujours très bien son boulot et toujours avec une grande gentillesse. Entre les prises les discussions tournaient autour du cinéma.

 

Geneviève Grad, Daniel Cauchy et d'autres jeunes comédiens
Photographie d'exploitation française, 1964.

 

- Combien de temps avez vous tourné ?

- J'ai dû rester environ deux mois à Saint-Tropez. A cette époque, les seconds rôles restaient toujours beaucoup plus longtemps, moins maintenant par souci de rentabilité !

 

- Avez vous un souvenir particulier ?

- Ecoutez non, tout s'est relativement bien passé, il faisait beau, il y avait du soleil et nous étions à Saint Tropez donc parfaitement heureux !

 

- Quelles furent les critiques à la sortie du film ?

- Plutôt bonnes mais c'est un film qui n'avait pas été réalisé pour les critiques, qui s'en foutait. Ce n'était pas dans le but d'aller à Cannes mais pour plaire au grand public.

 

- Vous avez souvent revu Louis de Funès au cours de votre carrière ?

- Oui bien sûr, je le croisais sur les plateaux de temps à autre. J'ai aidé Robert Dorfmann, le grand producteur français, à produire "Le Corniaud" et "La Grande Vadrouille". C'est pour cela que je le voyais souvent. Rendez vous compte : "Le Corniaud" partait sur un budget d'environ 250 millions de francs, il devait être en noir et blanc et grâce à Dorfmann, qui a voulu tourné en couleurs avec de beaux décors, le film est arrivé à un budget total de 500 millions d'anciens francs. Pour "La Grande Vadrouille", la barre a été placée encore plus haute puisque le budget était d'un milliard d'anciens francs.

 

- Aviez vous d'autres projets avec lui ?

- Oui, en tant que producteur je voulais l'avoir dans un de mes films mais je souhaitais qu'il ait une rémunération spécifique au pourcentage, c'est à dire qu'au lieu de lui verser un montant fixe, je l'intéressais sur les bénéfices en lui versant une part. Louis m'a dit "Ecoute, moi tu sais j'ai 50 ans, je préfère être payé cash". Il voulait que tout soit sûr, dommage car il aurait gagné deux à trois fois plus dans tous ses films s'il avait travaillé au pourcentage.

 

 

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